Vendredi 21 Novembre 2008
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Si vous croyiez que le secteur de l'automobile faisait grise mine, détrompez-vous ! Au CFA d'Arras, on déplore surtout le manque de candidats pour certaines spécialités. Jean-Pierre Roch, Responsable de l'Unité Automobile, évoque pour nous les besoins des professionnels et les fili ères d'avenir.
DirectEmploi : On parle beaucoup de la révolution électronique dans le secteur automobile : quelles sont les formations que vous proposez dans ce domaine ?
Jean-Pierre Roch : Nous préparons nos étudiants au baccalauréat professionnel mais nous proposons également une formation à la Mention Complémentaire en électricité et électronique automobile. Cette formation s'adresse aux jeunes titulaires d'un CAP ou d'un BEP qui souhaitent se spécialiser dans la profession. C'est également une très bonne transition pour ceux qui ont l'ambition de préparer un diplôme de niveau IV comme le bac pro. Nous les préparons aussi au Certificat de Qualification Professionnelle d'Électronicien Automobile.
Ce n'est pas à proprement parler un titre de la branche mais une formation mise en place par l'ANFA* pour répondre aux besoins du secteur. Les professionnels ont de plus en plus recours à des spécialistes pour les diagnostics et la maintenance dans les systèmes d'électronique embarquée. Cette formation se prépare en alternance en deux ans à raison d'une semaine sur trois en entreprise. En général, les jeunes qui arrivent de CAP ne correspondent pas encore tout à fait aux besoins des professionnels. Ces formations vont leur permettre de se spécialiser et de devenir véritablement des experts du diagnostic ou de la maintenance.
DirectEmploi : Les équipements électroniques se sont généralisés et ne cessent d'évoluer : on peut en déduire que le secteur restera très porteur...
Jean-Pierre Roch : Il y a eu en effet une très grande avancée dans les domaines de l'électronique et de l'injection. Mais il ne faut pas oublier toutes les contraintes liées à l'environnement et à la sécurité. Ces nouvelles réglementations ont un impact sur les procédures. C'est ainsi que l'on remplace peu à peu les peintures traditionnelles par la peinture à l'eau. Les professionnels recherchent donc des spécialistes formés à ces nouvelles méthodes.
DirectEmploi : Comme dans toute formation en alternance, il revient au candidat de trouver l'employeur : les opportunités sont-elles nombreuses dans l'automobile ?
Jean-Pierre Roch : Il nous arrive de nous retrouver dans des situations paradoxales ! Nous travaillons avec un réseau de 1200 entreprises, mais nous nous retrouvons parfois avec plus de postes que de candidats ! C'est le cas pour certaines formations qui n'attirent plus les jeunes comme celle de carrossier-peintre. Le problème est identique pour les formations de haut niveau : plus on s'élève dans l'échelle des formations, plus les candidats se font rares. C'est d'autant plus grave qu'à notre époque, on ne peut plus toucher à son véhicule. Si vous tombez en panne avec la nouvelle C 5 ou la nouvelle Mégane Scénic , ou si vous crevez une roue avec la Laguna, vous devez impérativement recourir à un spécialiste. Le problème est le même pour la carrosserie ou la chassimétrie : si votre voiture est accidentée et qu'elle doit passer au marbre, vous découvrirez que le matériel est de plus en plus sophistiqué. Le marbre est aujourd'hui piloté par un ordinateur, ce qui demande des compétences particulières. Malheureusement, on manque là aussi de spécialistes.
DirectEmploi : Quelles sont les qualités indispensables pour exercer ces différents métiers ?
Jean-Pierre Roch : Nous attendons de nos candidats qu'ils arrivent avec un projet. Ils doivent savoir pourquoi ils sont là et ce qu'ils veulent faire. En somme, nous voulons des gens motivés ! Ils doivent être capables d'assimiler rapidement et de se montrer soigneux. Mais la qualité essentielle dans ces métiers fortement liés aux nouvelles technologies, c'est la curiosité ! Face aux évolutions permanentes, Il faut toujours avoir l'esprit en éveil et ne jamais "lâcher la rampe".
DirectEmploi : Les filles sont-elles attirées par ces professions ?
Jean-Pierre Roch : Malheureusement, nous n'avons pas de filles parmi nos candidats. C'est regrettable car elles sont souvent plus méticuleuses et plus sérieuses que les garçons. Des qualités féminines comme le goût ou le soin apporteraient une réelle valeur ajoutée à ces professions.
Mais, dans les mentalités, ces métiers sont encore réservés aux hommes alors qu'ils ont beaucoup évolué et ne demandent plus d'efforts physiques.
CFA de la Chambre des Métiers du Pas-de-Calais : 03 21 23 30 80
*ANFA (association nationale pour la formation automobile).